Lauréates du prix international du courage féminin 2018

Laureates du prix international des Femmes du Courage Feminin (Photo Département d'Etat)

Département d’État des États-Unis

DipNote – Blog officiel

Le 21 mars 2018

Lauréates du prix international du courage féminin 2018

Créé en mars 2007, le prix international du courage féminin du secrétaire d’État honore les femmes du monde entier qui ont fait preuve d’un courage, d’une force et d’un leadership exceptionnels pour apporter des changements positifs à leur société, souvent au prix de grands risques et sacrifices personnels. Les femmes récompensées cette année sont :

L’Malouma Saïd (Mauritanie)

L’Malouma Saïd est née esclave en 1972 dans la ville de Boutilimit, à l’extrême sud-est de la Mauritanie. À l’âge de dix-sept ans, elle était une militante de premier plan dans son école pour l’émancipation des Haratines. Avant de devenir l’une des quatre seules femmes haratines élues députées à l’Assemblée nationale mauritanienne en 2006 et à nouveau en 2013, elle a été présidente d’une coopérative de commerçantes. Elle a également été responsable chargée des femmes au sein du mouvement El Hor (Mouvement pour la libération des Haratines en Mauritanie) et est aussi membre fondateur de l’organisation anti‑esclavagiste mauritanienne S.O.S. Esclaves, actuellement dirigée par son mari, Boubacar Messaoud. Mme Saïd est connue pour ses prises de position sur les droits de l’homme et pour son combat acharné à l’échelle nationale et internationale pour l’amélioration des prisons en Mauritanie. Elle est d’avis que les prisonniers mauritaniens souffrent d’un manque de possibilités sociales et éducatives, ainsi que de mauvaises conditions de sécurité et de santé, conduisant à des tentatives d’évasion et à la propagation de maladies dans la population carcérale. Mme Saïd défend depuis longtemps les droits de l’homme et l’égalité, ainsi que la lutte contre toutes les formes de discrimination en Mauritanie. En tant que leader, elle s’exprime haut et fort sur ces questions au sein du Parlement mauritanien. Elle est une femme de courage, ayant fait preuve d’engagement, de détermination et de persévérance dans la défense des droits de l’homme pendant ses deux mandats au Parlement.

Godelieve Mukasarasi (Rwanda)

Après le génocide rwandais de 1994, Godelieve Mukasarasi a consacré sa vie à la lutte pour une culture de paix et de non-violence au Rwanda, ainsi qu’à la promotion des droits des femmes et des filles victimes de violences sexuelles dans les zones de conflit de par le monde. Fondatrice et coordinatrice de l’organisation Solidarité pour l’Épanouissement des Veuves et des Orphelins pour le Travail et l’Auto promotion (SEVOTA), Mme Mukasarasi travaille avec les communautés rwandaises afin de rétablir les relations humaines, sociales et économiques détruites pendant le génocide. En 1996, elle a été contactée par l’équipe des Nations unies travaillant sur l’affaire de l’ancien maire de Taba, Jean-Paul Akayesu et son rôle dans le génocide. Les intimidations qu’elle a reçues des membres de sa communauté ainsi que le meurtre de sa fille et de son mari, sûrement dus à sa décision de témoigner devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda, n’ont pas eu raison d’elle : elle a mobilisé quatre membres de SEVOTA pour témoigner contre Jean-Paul Akayesu. Bien que le viol soit considéré comme un crime de guerre international depuis 1919, jamais, avant cette condamnation de Jean-Paul Akayesu, le viol n’avait fait l’objet de poursuites pénales comme crime de guerre. Les actions de ces femmes, sous le leadership de Mme Mukasarasi, ont changé le monde de la justice pénale pour toujours, permettant aux femmes victimes d’agressions sexuelles lors de conflits d’être entendues et d’avoir accès à la justice. Depuis 1994, SEVOTA est intervenue auprès de plus de 300 victimes de viol commis pendant des génocides et les a aidées à se réinsérer socialement et économiquement dans leur communauté. L’organisation a permis à plus de 1 300 ménages de s’organiser pour participer à des groupes de micro-épargne et à 2 000 jeunes et enfants de participer à des groupes sur la paix et le développement. Mme Mukasarasi est assurément une femme de courage qui est une figure importante de la paix et la réconciliation du Rwanda et de la protection des femmes et des enfants dans le monde. Mme Mukasarasi a reçu, en 2004, le prix John Humphrey pour la liberté, décerné par Droits et Démocratie et, en 1996, le prix d’excellence pour la créativité des femmes en milieu rural, décerné par la Fondation Sommet Mondial des Femmes à Genève, en outre, en 2011, SEVOTA a reçu de la part de la fondation Human Rights International le prix pour les droits de l’homme pour sa contribution à la promotion des droits des femmes vulnérables.

Sœur Maria Elena Berini (Italie)

Nommée par l’ambassade des États-Unis au Saint-Siège, sœur Maria Elena Berini est née le 9 décembre 1944 à Sondrio, en Italie. À l’âge de 15 ans, elle quitte l’école pour travailler dans une usine textile afin d’aider son père à subvenir aux besoins de leur famille de six personnes. Elle y découvre de première main les conditions de travail difficiles des ouvriers, ainsi que leur fort sentiment de solidarité. À l’âge de 19 ans, mue par un profond engagement pieux, elle entre au noviciat des Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne Anthide Thouret. De 1963 à 1969, elle suit une formation religieuse, biblique, théologique et pédagogique. Elle devient institutrice, mais sent l’appel de l’Afrique. En 1972, elle part au Tchad et y découvre son amour pour ses habitants, leurs traditions, leur culture, leur langue et leur religion. Elle y est également témoin de la guerre, de la haine, de l’injustice et d’« horreurs indescriptibles ». Elle continue son travail dans les écoles rurales de « brousse » jusqu’en 2007, date à laquelle sa congrégation l’envoie en République centrafricaine. Sœur Maria Elena travaille depuis lors à la mission catholique de Bocaranga en RCA où elle a vécu la guerre en 2013 et 2014. Plus récemment, en février et septembre 2017, le mouvement rebelle « 3R » a attaqué Bocaranga. Des milliers de personnes déplacées ont fui leur domicile pour se réfugier dans la mission de sœur Maria Elena, où elles ont pu être accueillies et trouver un abri. Sœur Maria Elena garde l’espoir que la paix en RCA est possible.

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Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.