Points de discussion du secrétaire d’État adjoint par intérim Yamamoto

Département d’État des États-Unis

Bureau chargé des Affaires africaines

Le 11 octobre 2017

Points de discussion du secrétaire d’État adjoint par intérim Yamamoto

Forum Frontier 100 d’Initiative for Global Development (IGD)

 

Bonjour à tous, et merci d’être ici. Je tiens tout particulièrement à remercier l’équipe de l’IGD pour tout le travail qu’elle a accompli pour organiser ce forum et pour m’avoir invité à y participer.

Nos efforts pour approfondir notre engagement avec le secteur privé afin de promouvoir le développement durable et la croissance inclusive vont de pair avec notre implication plus large dans l’ensemble de l’Afrique.

De nos partenariats dans le cadre de l’aide humanitaire à la promotion d’opportunités de commerce et d’investissement entre les États-Unis et l’Afrique, nous œuvrons  tous les jours pour relever les défis urgents et promouvoir nos aspirations collectives pour un monde plus sûr, pacifique, et un avenir prospère pour tous les Africains.

Au cœur de notre travail se trouve la promotion d’une gouvernance transparente, efficace et responsable, avec des institutions qui favorisent l’autonomisation des citoyens et qui renforcent le processus démocratique. La bonne gouvernance est fondamentale pour le succès de toute initiative que nous entreprenons sur le continent, qu’il s’agisse de la lutte contre le terrorisme ou de la promotion de la paix et de la sécurité, sans oublier le développement économique.

Le développement économique et la bonne gouvernance se renforcent mutuellement et sont tous deux d’une importance capitale si l’on veut que des progrès en Afrique soient réalisés à long terme. La croissance économique fournit aux gouvernements les ressources nécessaires à l’offre de services supplémentaires à leurs citoyens. Inversement, les décisions d’investissement dépendent dans une large mesure de l’application des principes de primauté du droit, de l’inviolabilité des contrats et de la facilité de la conduite des affaires dans les pays.

L’intérêt croissant des États africains pour la promotion de l’investissement privé a stimulé la croissance et le développement économique, et créé de formidables opportunités dans l’ensemble du continent. Je noterais que six des dix économies les plus dynamiques au monde se trouvent en Afrique.

D’ici 2030, l’Afrique représentera près d’un quart de la main-d’œuvre et des consommateurs du monde et, d’ici 2050, la population de l’Afrique devrait doubler pour atteindre deux milliards de personnes. À mesure que l’Afrique développera également ses infrastructures et qu’elle s’intègrera aux marchés mondiaux, le boom démographique offrira des opportunités majeures aux entreprises et aux investisseurs américains.

Avec la transition de nos liens économiques avec l’Afrique d’une relation d’assistance à une relation commerciale et d’investissement, nous travaillerons avec des partenaires qui ont fait la preuve de leur engagement en faveur de relations commerciales libres, équitables et réciproques, et qui respectent des règles du jeu équitables pour les entreprises américaines. Cette relation en expansion représente un énorme potentiel de création d’emplois, tant pour les Américains que pour les Africains.

L’une des initiatives bipartisanes les plus importantes dans le domaine économique est la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique, ou AGOA pour African Growth and Opportunity Act. Depuis l’an 2000, l’AGOA est la pierre angulaire de l’engagement économique des États-Unis dans les pays d’Afrique subsaharienne.

En permettant un accès en franchise de droits de douane pour des milliers de produits, l’AGOA a contribué à stimuler l’investissement dans les industries exportatrices africaines et à diversifier les exportations africaines vers les États-Unis. Depuis l’adoption de la loi, les exportations non pétrolières dans le cadre de l’AGOA sont passées de 1,3 milliard de dollars en 2000 à 4,2 milliards de dollars en 2016. Selon certaines estimations, l’AGOA a créé plus de 300 000 emplois en Afrique au cours de cette période.

En nous appuyant sur le commerce pour favoriser la prospérité économique et accroître les investissements américains en Afrique, nous soutenons également la prospérité économique ici, aux États-Unis. Alors que les investissements américains en Afrique subsaharienne sont passés de 9 milliards de dollars en 2001 à 34 milliards de dollars en 2014, les exportations américaines vers l’Afrique ont, elles, augmenté encore plus rapidement, passant de 6 milliards de dollars en 2000 à 25 milliards de dollars en 2014.

Nos investissements dans la prospérité africaine favorisent les exportations américaines, grâce à une demande croissante d’investissements dans les infrastructures, l’industrie aéronautique, les produits de consommation et les services.

Ces succès, ainsi que la conviction que le commerce contribue à consolider les institutions démocratiques et à renforcer la stabilité régionale, sont les principales raisons pour lesquelles le Congrès des États-Unis a massivement approuvé en 2015 la reconduction de l’AGOA pour une période de dix ans supplémentaires.

S’appuyant sur ce succès, l’USAID, à titre d’exemple, a créé trois pôles commerciaux pour aider le secteur privé africain à tirer parti de l’AGOA et à accroître ses exportations vers les États-Unis.

De plus, la Millennium Challenge Corporation, ou MCC, offre une aide économique aux gouvernements qui ont déjà mis en place des environnements politiques favorables. La majeure partie des activités de la MCC est située en Afrique.

L’Afrique a la possibilité de réaliser des gains énormes dans le secteur manufacturier. Compte tenu de l’urbanisation rapide et d’une population active en plein essor, l’Afrique est en position de devenir un centre idéal pour la production manufacturière. Un rapport récent du McKinsey Global Institute indiquait que d’ici 2025, le continent pourrait presque doubler sa production manufacturière actuelle, de 500 milliards de dollars à près de 1 billion de dollars.

Les investisseurs qui sont déjà présents en Afrique restent majoritairement optimistes quant aux perspectives et au potentiel de l’Afrique. À l’inverse, ceux qui ne travaillent pas en Afrique continuent d’exprimer des opinions négatives, notamment parce qu’ils ne comprennent pas bien les risques réels et les opportunités existantes. Nous devons corriger ces perceptions et sensibiliser les entreprises à ces opportunités.

Selon la filiale économique fDi Markets du Financial Times, l’investissement direct étranger en Afrique a augmenté de 40 % en 2016 pour atteindre une valeur de 92,3 milliards de dollars.

 

De 2008 à 2015, les investissements directs américains en Afrique sont passés de 37 milliards de dollars à 64 milliards de dollars sur une base de coûts historiques, soit une augmentation de plus de 70 %. C’est plus que le double du total de l’aide publique mondiale au développement allouée à l’Afrique en 2015.

Le capital privé est devenu une source de plus en plus importante d’investissements directs étrangers. De 12 fonds de capital privé ayant levé 1 milliard de dollars pour investir en Afrique en 1997, le nombre de fonds dépasse maintenant les 200, avec des capitaux de fonds d’investissement de plus de 30 milliards de dollars.

Le nombre des cibles d’investissement en Afrique restent malheureusement limité. À l’heure actuelle, on ne compte environ que 400 entreprises en Afrique dont les revenus annuels soient supérieurs à 1 milliard de dollars. En ce qui concerne les entreprises africaines de taille moyenne, les consultants estiment que plus de 10 000 entreprises africaines ont des revenus de 10 à 100 millions de dollars. Mais généralement, un investissement d’envergure appropriée dans ces entreprises est considéré comme trop bas par les grands bailleurs de fonds.

De toute évidence, il serait souhaitable d’augmenter le nombre de fonds de capitaux privés de taille moyenne pour mieux répondre aux opportunités d’investissement correspondantes en Afrique.

Partout, on observe à quel point la bonne gouvernance, la croissance économique et le développement se renforcent mutuellement. De plus en plus de pays africains sont incités à suivre l’exemple des progrès réalisés par leurs voisins, en termes de pratique d’une bonne gouvernance et de garanties de dividendes au sein d’une société transparente et ouverte, ouvrant ainsi la porte à une augmentation des investissements étrangers.

Nous restons déterminés à aider les pays africains à atteindre leurs objectifs démocratiques et économiques, et ainsi renforcer nos partenariats à travers le continent. Je vous remercie.

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Nous vous proposons cette traduction à titre gracieux. Seul le texte original en anglais fait foi.