Discours du président Obama au 70e anniversaire du Débarquement

Cimetière américain et Mémorial
Omaha Beach
Normandie, France

Le président Obama – Monsieur le président Hollande, peuple de France, amis, familles, nos anciens combattants :

Si les prières étaient faites de bruit, le ciel au-dessus de l’Angleterre cette nuit-là aurait assourdi le monde.

Les capitaines arpentaient le pont de leur navire. Les pilotes tapotaient leurs jauges. Les commandants étudiaient les cartes, pleinement conscients que malgré des mois de planification méticuleuse tout pouvait mal tourner – les vents, les marées, l’élément de la surprise – et, par-dessus tout, le pari audacieux que ce qui attendait les hommes de l’autre côté de la Manche les pousserait non pas à fuir, mais à foncer.

Des G.I. au visage juvénile frottaient des colifichets, embrassaient des photos de leur petite amie, vérifiaient et revérifiaient leur équipement. « Dieu, dit l’un d’eux, donne-moi du cran. » Et dans les heures qui précèdent l’aube, les avions se sont mis à gronder sur les pistes d’envol ; des planeurs et des parachutistes ont déchiré le ciel ; des hélices géantes ont commencé à mettre en branle une armée navale si grande que la mer n’en était presque plus visible. Et plus de 150 000 âmes sont parties pour cette petite bande de sable dont dépendait non pas simplement l’issue d’une guerre, mais le cours de l’histoire de l’humanité.

Monsieur le président Hollande, distingués invités, c’est un honneur pour moi de revenir ici aujourd’hui pour rendre hommage aux hommes et aux femmes d’une génération qui a défié tous les dangers – parmi eux, nos anciens combattants du Débarquement. Messieurs, votre présence ici aujourd’hui nous emplit d’humilité. (Applaudissements)

La semaine dernière, j’ai reçu une lettre d’un citoyen français. « Monsieur le Président, et peuple américain, a-t-il écrit, [nous sommes] honorés de vous accueillir . . . pour vous remercier de toute la souffrance et de tous les efforts du peuple américain et d’autres dans notre combat commun pour la liberté. »

Aujourd’hui, nous disons la même chose au peuple de France. Merci, en particulier, pour la générosité dont vous avez fait preuve envers les Américains qui sont venus ici il y a bien des générations – sur ces plages, et dans ce lieu sacré où reposent 9 387 Américains. À la fin de la guerre, quand nos navires sont partis pour l’Amérique, chargés de nos soldats morts, des dizaines de milliers d’Européens libérés sont venus faire leurs adieux et ils ont promis de prendre soin des Américains, plus de 60 000, qui resteraient dans les cimetières de ce continent. Nous prendrons soin des soldats tombés, a dit un homme, « comme si leurs tombes étaient nos enfants ». Peuple de France, vous avez tenu parole en ami véritable, comme vous l’êtes. Nous vous en sommes à tout jamais reconnaissants. (Applaudissements)

Ici, nous ne commémorons pas seulement la victoire, même si nous en sommes fiers. Nous ne rendons pas seulement hommage au sacrifice, même si le monde en est reconnaissant. Nous venons nous remettre en mémoire pourquoi l’Amérique et ses alliés ont tant donné pour la survie de la liberté en ce temps de péril maximum pour elle. Nous venons raconter l’histoire des hommes et des femmes qui l’ont faite pour qu’elle reste gravée dans la mémoire des générations futures.

Nous racontons leur histoire pour les vieux soldats qui se redressent un peu plus aujourd’hui pour saluer les frères qui ne sont pas revenus. Nous racontons leur histoire pour la fille qui tient à la main une vieille photo grisâtre de son père, jeune à tout jamais ; pour l’enfant qui fait glisser entre ses doigts des rubans aux couleurs vives dont il sait qu’ils ont une grande importance, même s’il ne comprend pas encore pleinement pourquoi. Nous racontons leur histoire pour témoigner comme nous le pouvons de ce qui s’est passé quand les boys venus d’Amérique ont atteint Omaha Beach.

À l’aube, la mer était rouge de sang, les bombes déchiraient le ciel. Des milliers de parachutistes avaient atterri ailleurs qu’à l’endroit prévu ; des milliers de cartouches criblaient les chairs et le sable. Des hommes nombreux comme des compagnies tombèrent en l’espace de quelques minutes. « La plage de l’enfer » avait mérité son nom.

À 8 h 30, le général Omar Bradley comptait que nos troupes seraient à l’intérieur des terres, à un bon kilomètre et demi. « Six heures après les débarquements, écrivit-il, on ne tenait que dix mètres de plage. » À notre époque de commentaires instantanés, l’invasion aurait été rapidement et carrément qualifiée de « débâcle », pour reprendre le terme employé par un officier.

Mais un jugement aussi précipité n’aurait pas tenu compte du courage d’hommes libres. « Le succès ne viendra peut-être pas à toute vitesse, dirait le président Roosevelt ce soir-là, mais nous recommencerons toujours et encore. » Et les parachutistes se sont frayé un chemin dans la campagne, en se battant, pour retrouver leurs camarades. Des Rangers se sont hissés jusqu’au sommet des falaises pour faire taire les canons nazis. À l’ouest, les Américains ont pris Utah Beach relativement facilement. À l’est, les Britanniques ont foncé sur la côte, en furie après cinq années de bombardements sur Londres et poussés par le vœu solennel de « les combattre sur les plages ». Les Canadiens, dont les rivages avaient été épargnés par la guerre, ont pénétré loin à l’intérieur des terres. Et ici, à Omaha, les troupes qui ont fini par atteindre la digue en ont fait un abri, et un général a ordonné d’une voix tonitruante : « Si vous êtes des Rangers … ouvrez la voie ! »

À la fin de ce jour le plus long, cette plage avait été disputée, perdue, redisputée et gagnée – un morceau d’Europe libéré et de nouveau libre. Une brèche avait été percée dans le mur d’Hitler, et l’armée de Patton pouvait s’engouffrer en France. En l’espace d’une semaine, la plage la plus sanglante d’Europe était devenue le port le plus mouvementé du monde. En l’espace d’un mois, un million de soldats alliés traversaient la Normandie et poursuivaient leur chemin en Europe. Devant nos armées en marche à travers le continent, un pilote a commenté: « On aurait dit que la croûte terrestre s’était effritée. » L’Arc de Triomphe était illuminé pour la première fois depuis des années, et les cris de « Vive la France ! » et « Vive les États-Unis ! » retentissaient dans Paris. (Applaudissements)

Bien sûr, rassemblés ici en Normandie, nous nous rappelons aussi que la victoire de la liberté a été rendue possible par tant d’autres qui portaient l’uniforme de l’Amérique. Deux ans avant qu’Eisenhower ne prenne le commandement d’armées, ses troupes se sont taillé un chemin en Afrique du Nord. Trois fois avant le Débarquement en Normandie, nos G.I. ont pris d’assaut les plages de Sicile, de Salerno, d’Anzio. Des divisions, la Fighting 36th, par exemple, se sont frayé un passage à travers l’Italie, se battant dans la boue pendant des mois, allant d’une ville à l’autre où des enfants les saluaient à leur arrivée, avant de libérer Rome. Pendant que nos soldats d’infanterie, les dogfaces, marchaient vers la victoire en Europe, les Marines, les Devil Dogs, partaient à la conquête des îles du Pacifique, au prix d’âpres combats, certains parmi les plus féroces de la guerre. Et aux États-Unis, une armée de femmes – dont ma grand-mère faisait partie – retroussaient les manches pour participer à la construction d’un puissant arsenal de démocratie.

Mais c’est ici, sur ces rives, que le combat commun pour la liberté a changé de tournure. Y a-t-il une manifestation plus puissante de l’attachement de l’Amérique à la liberté humaine que la vue de jeunes gens, par vagues successives, qui montaient à bord de ces bateaux pour libérer des gens qu’ils n’avaient jamais rencontrés ?

On en parle maintenant comme s’il ne pouvait pas en être autrement. Mais, dans les annales de l’histoire, le monde n’avait jamais rien vu de tel. Quand la guerre a été gagnée, nous n’avons pas réclamé le butin de la victoire – nous avons aidé à reconstruire l’Europe. Nous n’avons revendiqué de terre que celle où nous avons enterré ceux qui ont donné leur vie sous nos drapeaux et où nous postons ceux qui servent encore sous eux. Mais la liberté que revendique l’Amérique – notre engagement – l’égalité que nous revendiquons, la liberté et la dignité inhérente à chaque être humain que nous revendiquons, cette revendication-là est écrite dans le sang sur ces plages, et elle perdurera pour toute l’éternité.

Omaha – la Normandie – c’était la tête de pont de la démocratie. Et notre victoire dans cette guerre n’a pas été simplement décisive pour ce siècle-là, elle a tracé les contours de la sécurité et du bien-être pour la postérité. Nous avons travaillé pour faire d’anciens adversaires de nouveaux alliés. Nous avons construit une prospérité nouvelle. Nous avons été une nouvelle fois solidaires avec le peuple de ce continent pendant un long combat crépusculaire jusqu’au jour où un mur s’est enfin effondré et qu’un rideau de fer est aussi tombé. De l’Europe de l’Ouest à l’Europe de l’Est, de l’Amérique du Sud à l’Asie du Sud-Est – soixante-ans de mouvement démocratique ont suivi. Les nations qui naguère ne connaissaient que les œillères de la peur ont commencé à goûter aux bienfaits de la liberté.

Rien de cela ne se serait produit sans les hommes qui étaient prêts à sacrifier leur vie pour des gens qu’ils n’avaient jamais rencontrés, des idéaux dont ils ne pouvaient se passer.

Rien de cela ne se serait produit sans les troupes que le président Roosevelt avait appelées «l’élément vital de l’Amérique . . . l’espoir du monde ».

Ils étaient partis presque des enfants et sont revenus des héros. Mais tout à son honneur, cette génération ne s’est pas comportée comme tels. Après la guerre, d’aucuns ont rangé leurs médailles, sont restés discrets, sont passés à autre chose. D’aucuns, marqués par des éclats de shrapnel et des cicatrices, se sont rendu compte qu’il leur était plus difficile de se déplacer. Beaucoup, comme mon grand-père, qui a combattu dans l’armée de Patton, ont mené une vie tranquille, troquant un uniforme et un ensemble de responsabilités contre un autre – comme enseignant, vendeur, médecin, ingénieur, père de famille, grand-père.

Notre pays a veillé à ce que des millions d’entre eux fassent des études universitaires, ce qui a ouvert un champ de possibilités à une échelle sans précédent. Ils ont épousé leur petite amie, acheté une maison neuve, fondé une famille, monté des entreprises, donné une impulsion à la classe moyenne, la mieux lotie que le monde ait jamais connue. Tout au long de ce parcours, je soupçonne qu’ils trouvaient de l’inspiration dans le souvenir de leurs frères tombés au champ d’honneur – des souvenirs qui les poussaient à donner chaque jour du meilleur d’eux-mêmes.

Quand le monde vous rend cynique, faites une pause et pensez à ces hommes. Quand vous perdez espoir, faites une pause et pensez à ces hommes.

Pensez à Wilson Colwell, à qui on avait dit qu’il ne pourrait pas être pilote sans le baccalauréat et qui décida alors de sauter en parachute. Et il l’a fait, ici, le jour du Débarquement, avec la 101e division aéroportée, quand il avait seulement 16 ans.

Pensez à Harry Kulkowitz, le fils juif d’immigrants russes, qui tricha sur son âge pour pouvoir s’enrôler et se battre aux côtés de ses camarades. Ne vous inquiétez pas, Harry, il y a prescription. (Rires) Harry était à Omaha Beach le jour du Débarquement. Maintenant qu’il est revenu, on lui a dit qu’il pouvait avoir ce qu’il voulait aujourd’hui pour le déjeuner – après tout, il a contribué à la libération de cette côte. Il a répondu qu’un hamburger ferait l’affaire. (Rires) Y a –t-il plus américain que ça ?

Pensez à “Rock” Merritt, interpellé par une affiche de recrutement qui lui demandait s’il était assez viril pour devenir parachutiste – il s’est engagé illico presto. Cette décision a fait qu’il est arrivé ici, le jour du Débarquement, avec le 508e régiment, une unité qui allait essuyer de lourdes pertes. Soixante-dix ans plus tard, on dit qu’à Fort Bragg tout le monde connaît Rock – pas simplement pour ses exploits le jour du Débarquement, ou ses 35 ans de carrière dans l’armée, mais parce qu’à 91 ans Rock Merritt passe encore son temps à parler aux jeunes soldats d’aujourd’hui, hommes et femmes, et qu’il a toujours un faible pour sa division, la 82e aéroportée, et son uniforme vert olive.

Quand le monde vous rend cynique, quand vous doutez que le courage et la bonté soient possibles – faites une pause et pensez à ces hommes.

Wilson, Harry et Rock sont ici aujourd’hui. Je sais qu’on les a déjà applaudis chaleureusement, avec tous nos autres anciens combattants du Débarquement, mais si vous pouvez vous lever, levez-vous s’il vous plaît ; sinon, levez la main. Remercions-les une fois de plus de leur service. (Applaudissements) Ces hommes ont fait la guerre pour qu’on connaisse la paix. Ils se sont sacrifiés pour qu’on soit libres. Ils se sont battus dans l’espoir du jour où on n’aurait plus besoin de se battre. Nous leur en sommes reconnaissants. (Applaudissements)

Messieurs, je veux que vous sachiez, chacun d’entre vous, que ce que vous nous avez légué est entre bonnes mains. Car à une époque où il n’a jamais été plus tentant de poursuivre son propre intérêt étroitement défini, de rejeter les entreprises communes, cette génération d’Américains, une nouvelle génération – nos hommes et nos femmes de guerre – a choisi elle aussi de faire sa part.

Rock, je veux que vous sachiez que le sergent Melvin Cedillo-Martin, qui est ici aujourd’hui, marche sur vos traces. Il a dû d’abord devenir américain – parce que Melvin est né au Honduras ; il est venu aux États-Unis, il s’est enrôlé dans l’armée. Après des déploiements en Irak et en Afghanistan, il a été réaffecté à la 82e division aéroportée. Dimanche, il sera parachuté en Normandie. (Applaudissements) « Je fais partie maintenant d’une famille de vrais héros américains – les parachutistes de la 82e », a-t-il déclaré.

Wilson, il faut que vous sachiez que la spécialiste Jannise Rodriguez s’est engagée dans l’armée il y a moins de deux ans, qu’elle a été affectée à la 101e division aéroportée et que, pas plus tard que le mois dernier, elle s’est vu décerner le titre de Soldat de l’Année par la 101e division d’assaut aérien. Il est édifiant, mais non surprenant, que les femmes dans les forces armées aujourd’hui assument des responsabilités, y compris au combat, comme jamais auparavant. (Applaudissements)

Je veux tous que vous sachiez que leur engagement à l’égard de leurs camarades et des anciens combattants perdure. Le grand-père du sergent de 1ère classe Brian Hawthorne a servi sous le général Patton et le général MacArthur. Brian a lui-même été déployé deux fois en Irak, été décoré de la médaille Bronze Star à Bagdad pour avoir sauvé la vie de son meilleur ami, et aujourd’hui sa femme et lui mettent leur expérience au service des anciens soldats et des familles militaires pour les aider à négocier leur parcours. Brian est ici en Normandie pour participer au parachutage de dimanche. Pas plus tard qu’hier, il s’est rengagé dans l’armée, comme réserviste.

Cette génération, celle des membres des forces armées de l’après 11-Septembre, a elle aussi ressenti quelque chose. Ses membres ont répondu à un appel. Ils ont dit : « Je vais y aller. » Ils ont choisi, eux aussi, de servir une cause qui est plus grande que soi – pour beaucoup d’entre eux même après avoir appris qu’ils seraient exposés au danger. Depuis plus de dix ans, ils accumulent les déploiements.

Le sergent de 1ère classe Cory Remsburg a dix années de service à son actif. J’ai déjà raconté l’incroyable histoire de Cory, tout dernièrement quand il était aux côtés de mon épouse, Michelle, pendant le discours sur l’état de l’Union. C’est ici, à Omaha Beach, à l’occasion du 65e anniversaire du Débarquement, que j’ai fait sa connaissance et celle de son camarade, un Army Ranger comme lui, quand ils venaient de descendre en parachute en Normandie. Quand je l’ai revu, il était à l’hôpital, incapable de parler et de marcher après avoir frôlé la mort en Afghanistan à cause d’un engin explosif improvisé. Mais ces cinq dernières années, Cory a repris des forces, il rapprend à parler, à se tenir debout, à marcher. Cette année, il a de nouveau fait un saut en parachute. Les premiers mots qui sont sortis de la bouche de Cory après son accident rappellent ceux qui ont été criés sur cette plage bien des années plus tôt : « Les Rangers ouvrent la voie. » (Applaudissements)

Cory est revenu aujourd’hui, avec Melvin et Jannise et Brian, et un grand nombre de leurs camarades en service actif. Nous les remercions de leur service. Ils nous rappellent que la tradition incarnée par ces hommes se poursuit.

Nous sommes seulement de passage sur cette Terre. Peu parmi nous ont des parents et des grands-parents qui peuvent nous parler de ce qu’ont fait ici les anciens combattants le jour du Débarquement, il y a 70 ans. En arrivant à bord de Marine One, j’ai dit à mon personnel que mon grand-père ne m’avait sans doute jamais autant manqué, que je n’aurais jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui, je crois, de l’avoir à mes côtés. Nous avons tous des histoires à raconter pour eux. Nous devons faire de notre mieux pour respecter dans notre vie les valeurs pour lesquelles ils étaient prêts à mourir. Nous devons rendre hommage à ceux qui portent cette mémoire, sachant qu’on ne peut pas vivre dans la liberté si des personnes libres ne sont pas prêtes à mourir pour elle.

Maintenant que les guerres d’aujourd’hui tirent à leur fin, cette génération de membres des forces armées, hommes et de femmes, quitteront leur uniforme et, eux aussi, iront fonder une famille et vivre leur vie. Eux aussi deviendront des leaders dans leurs communautés, dans le commerce, dans l’industrie et peut-être en politique – les leaders dont nous avons besoin pour les têtes de pont de notre époque. Et, si Dieu le veut, ils atteindront un âge avancé dans le pays qu’ils auront contribué à garder libre. Un jour, de futures générations, dans 70 ans ou dans 700 ans, se réuniront dans des lieux comme celui-ci pour leur rendre hommage et dire que ces générations d’hommes et de femmes ont prouvé une fois de plus que les États-Unis d’Amérique sont et resteront la plus grande force pour la liberté que le monde ait jamais connue. (Applaudissements)

Que Dieu bénisse nos anciens combattants et tous ceux qui ont servi avec eux, y compris ceux qui reposent ici dans la paix éternelle. Et que Dieu bénisse tous ceux qui servent aujourd’hui pour la paix et la sécurité du monde. Que Dieu bénisse le peuple de France. Et que Dieu bénisse nos États-Unis d’Amérique. (Applaudissements)