Déclaration de Mme Power sur les allégations d’abus sexuels commis par les soldats de la paix en République centrafricaine

Mission des États-Unis auprès des Nations unies

Mme l’ambassadrice Samantha Power

Représentante permanente des États-Unis à l’ONU

Bambari, République centrafricaine

Les rapports de nouvelles allégations d’abus et d’exploitation sexuels commis par du personnel de l’ONU ou extérieur à l’organisation en République centrafricaine sont écœurants. […] Dans ces cas, comme dans toute allégation d’abus et d’exploitation sexuels, il est d’une importance capitale de mener des enquêtes immédiates, approfondies et impartiales et, si ces allégations sont prouvées, de tenir les auteurs pour responsables.

[…] J’ai eu l’occasion de rencontrer certaines des familles des victimes d’abus sexuels. C’était effroyable de les entendre décrire comment des soldats de la paix sur lesquels elles avaient compté en tant que protecteurs étaient devenus les auteurs d’abus. Nos conversations ont montré comment la peine et la souffrance – et le sentiment aigu de trahison – perdurent longtemps après les actes odieux eux-mêmes. Témoignant de la douleur actuellement ressentie par les familles des victimes, les adolescentes violées par les casques bleus de l’ONU ont été exclues de leurs communautés, elles-mêmes tenues pour responsables des abus sexuels infligés aux jeunes filles.

Les habitants de la République centrafricaine ont été témoins du potentiel des soldats de la paix pour accomplir un bien considérable, mais aussi pour infliger un mal immense. Je suis venue ici pour assister à l’investiture du nouveau président du pays, M. Faustin-Archange Touadéra, une passation de pouvoir démocratique et pacifique qui aurait bien pu ne pas avoir lieu sans la présence des casques bleus de l’ONU et des autres forces internationales.

Ce fléau des abus sexuels commis par des soldats de la paix doit cesser. Ces abus abominables méprisent les valeurs mêmes que l’ONU a pour mission de faire respecter, ternissent la légitimité de l’institution et sapent l’efficacité de ces casques bleus honorables qui s’efforcent de protéger les civils et de promouvoir la paix.

Les auteurs présumés doivent savoir qu’ils ne peuvent commettre de tels abus en toute impunité. C’est pourquoi la mise en oeuvre immédiate et intégrale de la résolution 2272 du Conseil de sécurité est essentielle. Les États membres de l’ONU doivent mener

des enquêtes approfondies et impartiales et, dans les cas appropriés, poursuivre en justice les individus qui se seraient rendus coupables d’abus ou d’exploitation sexuels. Les gouvernements qui ne s’acquitteront pas de leur obligation d’enquêter et, dans les cas appropriés, d’engager des poursuites judiciaires, devraient se voir refuser le privilège de servir dans les missions de maintien de la paix de l’ONU, et leurs unités devraient être rapatriées. En outre, le Conseil de sécurité de l’ONU et tous les États membres doivent veiller à ce que nous respections les critères que nous avons fixés. Nous pouvons constater les conséquences désastreuses lorsque nous ne le faisons pas. Les enjeux du traitement de ce problème – pour les victimes, pour des nations comme la République centrafricaine, ainsi que pour l’ONU et ses États membres – ne sauraient être plus élevés.