Déclaration du Président Obama concernant l’Iran

Monsieur le president: Nous vivons un jour glorieux, car une fois de plus, nous constatons ce qu’une diplomatie américaine forte est capable de réaliser.

Ainsi que je l’avais signalé dans le cadre de mon discours sur l’état de l’Union, garantir la sécurité des États-Unis d’Amérique et de notre peuple nécessite l’adoption d’une approche intelligente, patiente et disciplinée du monde. Cela inclut notre diplomatie auprès de la République islamique d’Iran. Pendant des décennies, nos différences avec l’Iran ont empêchés les échanges entre nos gouvernements. Cela n’a pas contribué, in fine, à faire progresser les intérêts des États-Unis. Au fil des années, l’Iran a développé plusieurs moyens pour se doté de l’arme nucléaire. Mais de l’époque de Franklin Roosevelt à celle de John F. Kennedy, en passant par Ronald Reagan, les États-Unis n’ont jamais eu peur de faire appel à la diplomatie auprès de leurs adversaires. Aussi, en ma qualité de président, j’ai décidé que les États-Unis forts et confiants pourraient faire progresser notre sécurité nationale, par le biais d’échanges directs avec le gouvernement iranien.

Et nous en avons constaté les résultats. En effet, grâce à l’accord concernant le nucléaire que nous avons conclu l’année dernière avec l’Iran en association avec nos alliés et partenaires, ce dernier ne mettra pas la main sur la bombe nucléaire. La région, le pays et le monde entier seront en plus en sécurité. Comme je l’ai déjà affirmé à maintes reprises, l’accord sur le nucléaire n’a jamais été destiné à résoudre tous les différends qui nous opposent à l’Iran. Toutefois, le fait d’échanger directement avec le gouvernement iranien d’une manière permanente, et cela pour la toute première fois depuis des décennies, a donné lieu à une occasion unique, une fenêtre, pour tenter de trouver une solution aux problèmes les plus importants. Et c’est ainsi que je peux aujourd’hui annoncer des progrès sur toute une série de fronts.

Premièrement, la journée d’hier est à marquer d’une pierre blanche dans le cadre de l’action visant à éviter que l’Iran ne se dote de l’arme nucléaire. Le gouvernement iranien a honoré les principaux engagements établis dans l’accord sur le nucléaire. Et je souhaiterais prendre un moment pour expliquer en quoi ceci est important.

Pendant plus d’une décennie, l’Iran a développé son programme nucléaire, et avant la conclusion de l’accord, le pays avait installé presque 20 000 centrifugeuses susceptibles d’enrichir de l’uranium pour la bombe nucléaire. À l’heure actuelle, l’Iran a supprimé les deux tiers desdites machines. Avant la conclusion de l’accord, l’Iran ne cessait d’augmenter ses réserves d’uranium enrichi, suffisantes pour alimenter jusqu’à 10 bombes nucléaires. À présent, plus de 98 % de ces réserves ont été expédiées hors du pays, ce qui signifie que l’Iran ne dispose plus des matériaux nécessaires pour construire ne serait-ce qu’une seule bombe. Auparavant, l’Iran était sur le point de disposer d’un réacteur capable de produire le plutonium suffisant pour la construction d’une bombe. Aujourd’hui, le cœur de ce réacteur a été retiré et coulé dans le béton, afin d’empêcher toute réutilisation future.

Avant la conclusion de l’accord, le monde avait relativement peu de visibilité sur le programme nucléaire iranien. À présent, les inspecteurs internationaux peuvent se rendre sur le terrain, et l’Iran est soumis au régime d’inspection intrusive le plus exhaustif jamais négocié jusqu’à présent pour surveiller un programme nucléaire. Les inspecteurs surveilleront les principales installations nucléaires iraniennes 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Au cours des décennies à venir, les inspecteurs pourront accéder à l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement nucléaire de l’Iran. Autrement dit, si l’Iran tentait de tricher, s’il essayait de construire une bombe nucléaire en secret, nous en serons inévitablement mis au courant.

Et c’est là l’argument ultime. Alors que l’Iran faisait avancer son programme nucléaire, nous avons désormais bloqué l’ensemble des voies que le pays pouvait emprunter pour construire une bombe nucléaire. Alors que l’Iran n’aurait eu besoin que de deux ou trois mois pour rassembler le matériel suffisant à construire une bombe nucléaire, il leur faudrait à présent une année pour le faire, et avec les inspections mondiales et l’accès sans précédent au programme nucléaire iranien dont nous disposons, nous saurons si le pays tente de se détourner de ses engagements.

Maintenant que les mesures entreprises par l’Iran ont été vérifiées, le pays peut se voir libéré de certaines sanctions liées à la prolifération nucléaire, ainsi qu’accéder à ses avoirs gelés. Et, fait peut être le plus important, nous avons accompli ce progrès historique grâce à la diplomatie, sans entraîner une nouvelle guerre au Moyen-Orient….

Ce qui m’amène à un autre développement majeur : plusieurs Américains injustement retenus par l’Iran peuvent enfin rentrer chez eux. Certains d’entre eux ont subi une détention longue de plusieurs années. J’ai rencontré quelques-unes de leurs familles, j’ai senti leur inquiétude, leur douleur pour leurs enfants et leurs époux. J’ai donné à ces familles ma parole ; je leur ai fait le serment que je prendrai toutes les mesures nécessaires pour obtenir la libération de leurs proches. Et nous avons poursuivi cet objectif sans relâche. En parallèle des négociations sur le nucléaire, nos diplomates de plus haut niveau, notamment le Secrétaire d’État John Kerry, ont tout fait pour amener l’Iran à libérer nos compatriotes. J’ai moi-même agi en ce sens, à l’occasion de mon entretien avec le président Rohani. Une fois l’accord sur le nucléaire conclu, les discussions entre nos gouvernements se sont accélérées. Hier, ces familles ont finalement reçu la nouvelle qu’elles attendaient tant….

Bien entendu, même si nous mettons en œuvre l’accord sur le nucléaire et accueillons chez nous nos compatriotes, nous sommes conscients qu’il persiste de profondes différences entre les États-Unis et l’Iran. Nous demeurons fermes dans notre opposition au comportement déstabilisant de l’Iran dans d’autres régions du monde, notamment en ce qui concerne ses menaces à l’encontre d’Israël et de nos partenaires du Golfe, ainsi que le soutien qu’il apporte aux intermédiaires violents en Syrie et au Yémen, par exemple. Nous continuons d’imposer des sanctions à l’Iran pour les violations que le pays commet en matière de droits de l’homme, pour son soutien au terrorisme et pour son programme de missiles balistiques. Et nous ne cesserons pas d’appliquer ces sanctions avec vigueur. L’essai de tir de missile effectué récemment par l’Iran a constitué une violation de ses obligations internationales. Aussi, les États-Unis d’Amérique imposent des sanctions aux personnes physiques et aux entreprises qui contribuent à la progression du programme de missiles balistiques iranien. Et nous resterons vigilants sur ce point. Nous n’entendons aucunement renoncer à la défense de notre sécurité ou de celle de nos alliés et partenaires.

Mais je tiens, une fois de plus, à m’adresser directement au peuple iranien. Votre civilisation compte parmi les plus grandes. Elle dispose d’une culture dynamique qui a largement contribué au monde entier, notamment dans les domaines du commerce, de la science et de l’art. Pendant des décennies, les menaces et les actes de déstabilisation menés par votre gouvernement dans la région ont isolé l’Iran du reste de la planète. Mais à présent, nos gouvernements ont établi une véritable relation. À la suite de l’accord sur le nucléaire, vous, et plus particulièrement les jeunes iraniens, avez l’occasion de tisser de nouveaux liens avec le reste du monde. Nous avons là une chance rare d’emprunter une nouvelle voie pour atteindre un avenir différent et meilleur, susceptible de faire progresser nos populations et même le monde entier. Voilà l’occasion qui se présente au peuple iranien. Nous devons la mettre à profit.

Je voudrais aussi m’adresser à mes compatriotes américains, afin de leur dire qu’aujourd’hui, nous accueillons ensemble nos enfants, nos époux, ainsi que nos frères, qui, dans leur cellule isolée, ont enduré un véritable cauchemar. Mais ils n’ont jamais cédé ni abandonné. Enfin, ils peuvent relever la tête et respirer l’air frais de la liberté.

En tant que nation, nous sommes confrontés à de réels défis, dans le monde et sur notre territoire. Beaucoup de ces difficultés ne pourront pas être résolues rapidement ou facilement. Mais les progrès accomplis aujourd’hui – le retour de nos compatriotes, le déclin du programme nucléaire iranien et l’acceptation d’une surveillance sans précédent de ce dernier – nous rappellent les prouesses que nous pouvons accomplir lorsque nous gouvernons avec force, sagesse, courage, détermination et patience. Les États-Unis peuvent réaliser de grands exploits, et nous l’avons déjà démontré, lorsque nous œuvrons ensemble. Nous pouvons faire de ce monde un endroit plus sûr pour nos enfants, nos petits-enfants, ainsi que pour les générations à venir….