Journée Mondiale Des Refugies 2015

Chaque année, le 20 juin, nous célébrons la Journée mondiale des réfugiés pour saluer le courage et la résilience des réfugiés et des personnes déplacées dans le monde. Cette année, toutefois, cette journée revêt une signification toute particulière. Selon le dernier rapport Tendances mondiales qui vient d’être publié par l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 60 millions de personnes ont fui leur foyer en tant que réfugiés, déplacés internes ou demandeurs d’asile. Ce chiffre est stupéfiant – il équivaut à une personne sur 122 sur cette planète. Aujourd’hui, plus que jamais, les réfugiés et les personnes déplacées dans le monde ont besoin de notre aide.

Voici quatre autres raisons pour lesquelles nous devons tous – gouvernements comme particuliers – en tenir compte.

1. Il ne s’agit pas seulement de chiffres, il s’agit de personnes.

Parmi elles figurent des familles syriennes fuyant les bombardements au baril d’explosifs incessants et systématiques du régime Assad, des mères du Soudan du Sud qui ont parcouru des centaines de kilomètres en portant leurs jeunes enfants pour être en sécurité, des jeunes filles qui ont fui les attaques des talibans en Afghanistan. Ce sont des gens comme nous, qui se trouvent dépouillés de tout ce qu’ils possédaient et qui luttent pour leur survie alors qu’ils font face à des circonstances indépendantes de leur volonté. Malgré tout, ils n’ont pas renoncé. Nous ne pouvons pas non plus renoncer à les aider.

2. L’assistance fait la différence.

Soixante millions de personnes, c’est difficile à imaginer. Il est encore plus difficile de comprendre comment l’on pourrait aider un si grand nombre de réfugiés. Mais nous savons une chose : de l’Ukraine à la Somalie, de l’Iraq à l’Afghanistan, l’assistance humanitaire soulage leurs souffrances et maintient des millions de personnes en vie. L’Agence des Nations unies pour les réfugiés, le Programme alimentaire mondial de l’ONU, le Comité international de la Croix-Rouge et un large éventail d’autres organisations humanitaires accomplissent chaque jour un travail héroïque partout où il y a des conflits et des déplacements de populations. Mais ces organisations ont besoin de davantage de soutien de la part des gouvernements et des particuliers. La triste réalité est que la plupart des appels de l’ONU demeurent largement sous-financés. Par exemple, l’appel des Nations unies au profit de la République centrafricaine – pour trouver 613 millions de dollars afin de subvenir aux besoins de 2,7 millions de personnes – n’est financé qu’à hauteur de 21 %. Nous pouvons mieux faire, et même des dons modestes en espèces peuvent permettre à des familles de vivre pendant des semaines.

3. Aider les réfugiés constitue un investissement dans la stabilité mondiale.

Aider des personnes déracinées n’est pas simplement un acte de charité envers des personnes très éloignées, dont les problèmes ne nous toucheront jamais. C’est un investissement dans la stabilité partout dans le monde. Les crises migratoires qui sèment le trouble en Méditerranée et en Asie du Sud-Est illustrent comment les conflits, l’oppression et le désespoir ont des conséquences susceptibles de s’étendre bien au-delà des lieux assaillis par la guerre et les conflits. Il est particulièrement urgent de venir en aide aux enfants déracinés. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a fait cette mise en garde : aujourd’hui, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, un enfant ou jeune adolescent sur quatre n’est pas scolarisé ou risque d’abandonner ses études. Or ces enfants, les perspectives qui s’offrent à eux et les choix qu’ils font, détermineront l’avenir non seulement de nations assiégées comme la Syrie et l’Iraq, mais aussi des pays voisins qui accueillent des millions de réfugiés.

4. Le Tchad a un rôle important à jouer.

Le Tchad accueille à présent plus de 500,000 réfugiés, ce qui le rend le deuxième pays d’asile le plus important en Afrique.  Par son expérience en tant que pays générateur de réfugiés dans les années ‘80, le people tchadien connaît le désarroi et l’incertitude des réfugiés.  Aussi le Tchad offre-t-il un accueil conséquent et efficace à ceux des pays voisins obligés d’y chercher refuge.  La présence  des centaines de milliers de réfugiés dans les zones frontalières au Tchad présente un défi  énorme compte tenu de leurs besoins en nourriture, en abris, et en services sociaux.  La communauté internationale appuie les efforts du Gouvernement Tchadien depuis plus d’une décennie afin de subvenir aux besoins des réfugiés.  En 2014 les Etats-Unis d’Amérique ont fourni  une aide multiforme en nature et en subventions qui sont programmés à travers les agences des Nations Unies et par les ONGs.  La valeur de ces aides américaines en 2014 en faveur des réfugiés au Tchad se chiffre aux environs de $108 millions, soit 63 milliards de FCFA.